LE CERF, SEIGNEUR DES FORÊTS

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LE CERF, SEIGNEUR DES FORÊTS

Le cerf élaphe est l'un des plus grands mammifères sauvages que l'on puisse rencontrer dans les montagnes du Mercantour.
Sa présence se devine parfois plus qu'elle ne se voit :
une branche qui craque, quelques traces dans la boue, une silhouette qui disparaît entre les arbres…
Il faut souvent beaucoup de patience et de discrétion pour avoir la chance de l'observer.

Un animal imposant

Le cerf possède une silhouette puissante et élégante.
Le mâle, appelé cerf, est beaucoup plus imposant que la femelle, la biche.
Il peut dépasser deux mètres de longueur et atteindre près de deux mètres au garrot chez les plus grands individus.

Son pelage varie au fil des saisons.
Plus roux et lumineux durant l'été, il devient généralement plus sombre et épais à l'approche de l'hiver.
La biche, plus fine et plus légère, accompagne souvent les jeunes, appelés faons durant leur première année.

Mais ce qui distingue immédiatement le mâle, ce sont ses bois.

Les bois, une parure qui renaît chaque année

Contrairement aux cornes des bovins ou des bouquetins, les bois du cerf tombent et repoussent chaque année.

Au printemps, une nouvelle ramure commence à pousser.
Elle est alors recouverte d'une peau très vascularisée appelée velours, qui nourrit et protège les bois en formation.
Durant l'été, ceux-ci grandissent rapidement et prennent progressivement leur forme définitive.

Lorsque la croissance est achevée, le velours se dessèche et le cerf le fait tomber en se frottant contre les arbres.
À l'automne, il apparaît alors avec une ramure parfaitement formée, prête à jouer son rôle durant le rut.

Chaque année, les bois peuvent gagner en taille et en complexité jusqu'à l'âge adulte,
avant de se stabiliser puis de régresser avec l'âge.

Une vie au rythme de la forêt

Le cerf est essentiellement herbivore. Il se nourrit d'herbes, de feuilles, de jeunes pousses, de bourgeons et,
selon les saisons, de fruits forestiers ou d'écorces.

Son activité est particulièrement importante au lever et à la tombée du jour.
Durant les heures les plus calmes, il peut gagner des zones plus découvertes pour se nourrir,
avant de retrouver la sécurité de la forêt.

Dans le Mercantour, son territoire peut comprendre des forêts de mélèzes et de conifères,
des boisements de montagne mais aussi des clairières et des alpages.

La biche et le faon

La vie sociale du cerf est différente selon les saisons.
Les biches vivent généralement en groupes, accompagnées de leurs jeunes.
Les mâles adultes peuvent, eux, mener une existence plus solitaire
ou former des groupes entre eux en dehors de la période du rut.

Au printemps, la biche met généralement au monde un seul faon.
À sa naissance, celui-ci porte une robe tachetée qui lui permet de se fondre dans la végétation.
Durant ses premiers jours, il reste souvent immobile et dissimulé,
tandis que sa mère s'éloigne pour ne pas attirer les prédateurs vers lui.

Cette discrétion est l'une des premières règles de survie du jeune cerf.
Lorsque vient l'automne…

Mais c'est à l'automne que la présence du cerf devient véritablement spectaculaire.

Lorsque les jours raccourcissent et que la saison des amours approche, les mâles rejoignent les hardes de biches.
Ils commencent alors à se défier et à manifester leur puissance.
La forêt se remplit d'un son profond, rauque et impressionnant :
le brame.

Ce cri n'est pas seulement un appel. Il sert à attirer les femelles mais aussi à avertir les autres mâles de sa présence.
Deux adversaires peuvent alors se mesurer, parfois jusqu'au combat,
leurs imposants bois s'entrechoquant dans un fracas que l'on n'oublie pas.

Pendant quelques semaines, la montagne change d'atmosphère.

Le silence habituel des forêts est interrompu par ces appels puissants qui résonnent d'une vallée à l'autre.
Dans la pénombre, entendre un cerf bramer sans parvenir à le voir
est souvent une expérience plus forte encore que l'observation elle-même.

Un animal que l'on mérite de rencontrer

Observer un cerf sauvage demande de la patience, mais surtout du respect.
Son ouïe et son odorat sont remarquablement développés et le moindre mouvement inhabituel peut suffire à le faire disparaître.

Il faut donc apprendre à attendre, à rester silencieux et à laisser l'animal venir à soi.

Dans le Mercantour, cette rencontre avec le cerf appartient à ces moments privilégiés
où la photographie devient presque secondaire.
Quelques secondes suffisent parfois :
une silhouette entre les mélèzes, un regard dans la pénombre, la ramure qui se détache sur le ciel…

Puis le cerf s'éloigne et la forêt reprend son silence.

Le spectacle est terminé, mais le souvenir, lui, demeure...